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    Nous sommes mi-juin. Le jardin vient d’être tondu et là, en plein soleil au milieu du gazon, trois bébés hérisson sont en vadrouille. Fringants, alertes, rapides à se déplacer, ils farfouillent dans l’herbe et la terre à la recherche d’insectes et vers de terre à croquer. Je suis étonnée de les voir s’activer en plein soleil mais leur vivacité me rassure. J’ai vu ce que je pense être leur mère la veille à la tombée de la nuit. Ils ne sont donc pas orphelins.

     

    Les jours suivants, même scénario rigolo. Les bébés font leur apparition toujours au même endroit, à la même heure au début de l’après-midi. Je me dis que la météo explique peut-être cela. Après un épisode de chaleur le froid est revenu. Ils ont peut-être besoin de soleil. Il est amusant de les observer : pas du tout farouches, ils se laissent approcher, mastiquent leurs vers  avec grand bruit et par moments s’endorment sur place comme des masses et ronflent. En fin d’après-midi ils rentrent au bercail qui s’avère être le dessous de planches qui traînent dans le hangar.

     

    L’histoire malheureusement se termine mal car, voyant mes hérissons affaiblis et, voulant bien faire, j’ai cherché des informations sur internet. Les recommandations étaient de recueillir les bébés : pas normal qu’ils sortent en plein soleil ! Alors j’ai suivi toutes les instructions à la lettre et recueilli deux des bébés (le troisième avait disparu). Paille, bouillotte, eau et nourriture pour chats. Les deux bébés sont morts au bout de quelques jours de captivité. Le troisième a réapparu un peu plus tard près de l’assiette de croquettes du chat. Grand sentiment de culpabilité. J’aurais dû laisser faire la nature ; les sites spécialisés sur internet ne sont peut-être pas toujours de bon conseil. Par contre, j’ai pu observer en les recueillant qu’ils étaient très parasités : beaucoup de puces et de grosses tiques. Cela a certainement contribué à les affaiblir. S’ils sortent pendant le jour, les hérissons sont aussi très vite parasités par les mouches qui pondent sur eux.

     

    Une histoire qui peut aider d’autres jardiniers à décider quoi faire dans une situation analogue. Ce n’est pas simple.

    Histoire de hérisson


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    Elle s’est posée comme un hélicoptère juste devant moi sur une feuille de Spirée, lentement, sûrement, élégamment. Elle n’est pas farouche et me fixe de ses gros yeux globuleux et vitrés comme des cabines de pilotage. Un inventeur y a puisé son inspiration, assurément. Le Caloptéryx éclatant que l’on se plait à appeler « Demoiselle » tant elle est gracieus, est une petite libellule qui affectionne le bord des eaux à faible courant. Mon petit ruisseau et la mare du jardin lui offrent un cadre propice à sa reproduction. C’est une espèce menacée, comme tant d’autres malheureusement. Espèce utile qui se nourrit d’autres insectes et contribue à l’équilibre qui règne dans cet espace protégé. Elle est sur la liste des insectes que l’on aime avec la coccinelle, la sauterelle, le papillon, auxquels on tend son doigt sans peur qu’un dard ne le pique. La couleur de son corps élancé varie du bleu au vert métallique. Comme souvent dans le règne animal, le mâle est plus voyant que la femelle et se repère par une coloration plus marquée et plus large de ses ailes. La femelle a les ailes claires et translucides. Avec un peu de chance il peut nous arriver d’assister à l’accouplement qui dure quelques minutes, au repos. La femelle transperce le tissu conjonctif des plantes aquatiques avec son « oviscapte » et y dépose ses œufs, parfois sous la surface de l’eau. Les larves mettront 2 ans à se développer mais l’insecte adulte ne vivra pas plus de 2 semaines avec le risque d’être gobé avant la fin de sa vie bien éphémère !

    Caloptéryx éclatant ou "Demoiselle"

     


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    Une larve d’Empuse est une drôle de bestiole. Au stade juvénile, l’Empusa pennata a des allures de diable, d’où son surnom de « diablotin ». Cet insecte de l’ordre des dictyoptères ressemble fort à la mante religieuse mais son oothèque ( sa boîte à œufs) est plus mince. Sur la photo, une erreur s’est glissée, que les spécialistes d’entomologie verront de suite : il est impossible de trouver un diablotin sur une fleur rouge et voyante comme celle du Zinnia. De fait, le diablotin cherche la discrétion, pratique l’homotypie c'est-à-dire le mimétisme avec le support sur lequel il évolue. A le regarder de près, il préfèrerait sans doute se promener sur des brindilles sèches ou les graminées de la prairie afin d’échapper à ses prédateurs éventuels. Or, la jardinière que je suis a des cheveux longs et filandreux et c’est là qu’il a jugé bon de se percher pensant passer là un petit moment incognito.  J’adore les insectes mais chacun doit rester chez soi, alors pour me venger de cette intrusion, j’ai fait poser le monsieur pour la photo avant de le laisser repartir pour d’autres aventures.

    Empuse

     


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    Au petit matin sur un narcisse, une Aurore fraîchement sortie de sa chrysalide s’apprête à prendre son envol. C’est le premier jour du printemps. Jonquilles et cardamines des prés sont en fleurs. Ce joli papillon aux ailes blanches tâchées d’une pointe d’orange vole en avril et mai et pond sur les crucifères, notamment la Cardamine, cette jolie fleur sauvage d’un blanc rosé délicat qui accompagne les pâquerettes dans le grand pré autour du jardin. C’est le moment où la tondeuse entre en action et il est donc bon de connaître les « plantes à papillons » pour les épargner ou, en tout cas, en laisser quelques îlots afin que nos papillons puissent y pondre et leur progéniture s’en nourrir. C’est une plante non invasive et, comme la plupart des fleurs sauvages printanières, si jolie ! Alors, pitié, ne la tondez pas !

    Naissance d’une Aurore (Anthocharis Cardamines)

    Naissance d’une Aurore (Anthocharis Cardamines)


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  • Bourdon glouton

     

    L’heure chaude de la journée lorsque le soleil est au zénith est le meilleur moment pour rencontrer le peuple ailé du jardin. En ce début d’automne les fleurs des asters sont épanouies et de nombreux visiteurs viennent faire leur récolte de pollen. Pas du tout perturbés par l’ombre du jardinier qui vient les observer, les nombreuses abeilles sauvages, les gros bourdons gourmands alourdis par leur ravitaillement passent de fleur en fleur de manière très méthodique. Je me demande parfois comment ils se souviennent des fleurs déjà visitées tant il y en a. Chaque branche d’aster peut être constellée d’une centaine de fleurs. Des milliers d’anthères offrent donc leur pollen aux butineurs du jardin. Et les candidats ne manquent pas. Après des années de politique anti-pesticides la biodiversité est belle et bien présente dans le jardin, ce qui est encourageant. Il suffit de longer l’allée des vendangeuses * pour l’entendre bourdonner et de pointer son objectif à hauteur des pétales pour la voir de plus près. L’émission « La tête au carré » sur France Inter abordait hier le sujet des abeilles à propos du livre d’Eric Tourneret « Les routes du miel », soulignant que 13% des abeilles sauvages et 25% des bourdons étaient menacés. Il faut vraiment se mobiliser et chaque petit geste compte. La première attitude à avoir pour favoriser la biodiversité au jardin est de tolérer les plantes sauvages et d’arrêter de vaporiser des produits destructeurs. Pour bien accueillir nos hôtes il nous faut leur fournir refuge et nourriture. Un tas de bois oublié, des orties tolérées, un sol humifère et des zones boisées, une prairie naturelle et des haies d’arbustes sauvages. Ce sont les bons ingrédients pour attirer des habitants au jardin.

     

     

     

    *vendangeuses : nom vernaculaire donné aux asters qui fleurissent au moment des vendanges.

     

    Les pollinisateurs du jardin.

    Paon du Jour sur des asters

    Paon du Jour tout juste éclos.

     


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