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    Elle s’est posée comme un hélicoptère juste devant moi sur une feuille de Spirée, lentement, sûrement, élégamment. Elle n’est pas farouche et me fixe de ses gros yeux globuleux et vitrés comme des cabines de pilotage. Un inventeur y a puisé son inspiration, assurément. Le Caloptéryx éclatant que l’on se plait à appeler « Demoiselle » tant elle est gracieus, est une petite libellule qui affectionne le bord des eaux à faible courant. Mon petit ruisseau et la mare du jardin lui offrent un cadre propice à sa reproduction. C’est une espèce menacée, comme tant d’autres malheureusement. Espèce utile qui se nourrit d’autres insectes et contribue à l’équilibre qui règne dans cet espace protégé. Elle est sur la liste des insectes que l’on aime avec la coccinelle, la sauterelle, le papillon, auxquels on tend son doigt sans peur qu’un dard ne le pique. La couleur de son corps élancé varie du bleu au vert métallique. Comme souvent dans le règne animal, le mâle est plus voyant que la femelle et se repère par une coloration plus marquée et plus large de ses ailes. La femelle a les ailes claires et translucides. Avec un peu de chance il peut nous arriver d’assister à l’accouplement qui dure quelques minutes, au repos. La femelle transperce le tissu conjonctif des plantes aquatiques avec son « oviscapte » et y dépose ses œufs, parfois sous la surface de l’eau. Les larves mettront 2 ans à se développer mais l’insecte adulte ne vivra pas plus de 2 semaines avec le risque d’être gobé avant la fin de sa vie bien éphémère !

    Caloptéryx éclatant ou "Demoiselle"

     


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    Une larve d’Empuse est une drôle de bestiole. Au stade juvénile, l’Empusa pennata a des allures de diable, d’où son surnom de « diablotin ». Cet insecte de l’ordre des dictyoptères ressemble fort à la mante religieuse mais son oothèque ( sa boîte à œufs) est plus mince. Sur la photo, une erreur s’est glissée, que les spécialistes d’entomologie verront de suite : il est impossible de trouver un diablotin sur une fleur rouge et voyante comme celle du Zinnia. De fait, le diablotin cherche la discrétion, pratique l’homotypie c'est-à-dire le mimétisme avec le support sur lequel il évolue. A le regarder de près, il préfèrerait sans doute se promener sur des brindilles sèches ou les graminées de la prairie afin d’échapper à ses prédateurs éventuels. Or, la jardinière que je suis a des cheveux longs et filandreux et c’est là qu’il a jugé bon de se percher pensant passer là un petit moment incognito.  J’adore les insectes mais chacun doit rester chez soi, alors pour me venger de cette intrusion, j’ai fait poser le monsieur pour la photo avant de le laisser repartir pour d’autres aventures.

    Empuse

     


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    Au petit matin sur un narcisse, une Aurore fraîchement sortie de sa chrysalide s’apprête à prendre son envol. C’est le premier jour du printemps. Jonquilles et cardamines des prés sont en fleurs. Ce joli papillon aux ailes blanches tâchées d’une pointe d’orange vole en avril et mai et pond sur les crucifères, notamment la Cardamine, cette jolie fleur sauvage d’un blanc rosé délicat qui accompagne les pâquerettes dans le grand pré autour du jardin. C’est le moment où la tondeuse entre en action et il est donc bon de connaître les « plantes à papillons » pour les épargner ou, en tout cas, en laisser quelques îlots afin que nos papillons puissent y pondre et leur progéniture s’en nourrir. C’est une plante non invasive et, comme la plupart des fleurs sauvages printanières, si jolie ! Alors, pitié, ne la tondez pas !

    Naissance d’une Aurore (Anthocharis Cardamines)

    Naissance d’une Aurore (Anthocharis Cardamines)


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  • Bourdon glouton

     

    L’heure chaude de la journée lorsque le soleil est au zénith est le meilleur moment pour rencontrer le peuple ailé du jardin. En ce début d’automne les fleurs des asters sont épanouies et de nombreux visiteurs viennent faire leur récolte de pollen. Pas du tout perturbés par l’ombre du jardinier qui vient les observer, les nombreuses abeilles sauvages, les gros bourdons gourmands alourdis par leur ravitaillement passent de fleur en fleur de manière très méthodique. Je me demande parfois comment ils se souviennent des fleurs déjà visitées tant il y en a. Chaque branche d’aster peut être constellée d’une centaine de fleurs. Des milliers d’anthères offrent donc leur pollen aux butineurs du jardin. Et les candidats ne manquent pas. Après des années de politique anti-pesticides la biodiversité est belle et bien présente dans le jardin, ce qui est encourageant. Il suffit de longer l’allée des vendangeuses * pour l’entendre bourdonner et de pointer son objectif à hauteur des pétales pour la voir de plus près. L’émission « La tête au carré » sur France Inter abordait hier le sujet des abeilles à propos du livre d’Eric Tourneret « Les routes du miel », soulignant que 13% des abeilles sauvages et 25% des bourdons étaient menacés. Il faut vraiment se mobiliser et chaque petit geste compte. La première attitude à avoir pour favoriser la biodiversité au jardin est de tolérer les plantes sauvages et d’arrêter de vaporiser des produits destructeurs. Pour bien accueillir nos hôtes il nous faut leur fournir refuge et nourriture. Un tas de bois oublié, des orties tolérées, un sol humifère et des zones boisées, une prairie naturelle et des haies d’arbustes sauvages. Ce sont les bons ingrédients pour attirer des habitants au jardin.

     

     

     

    *vendangeuses : nom vernaculaire donné aux asters qui fleurissent au moment des vendanges.

     

    Les pollinisateurs du jardin.

    Paon du Jour sur des asters

    Paon du Jour tout juste éclos.

     


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  • La cétoine dorée

     

    La cétoine dorée est un insecte "bijou". Il est le bienvenu au jardin ou j’adore le regarder « brouter » les fleurs. De belle taille (plus d’un centimètre), il prend son envol avec la lourdeur d’un Belouga. Sa préférence va aux pivoines et aux roses. Il se nourrit des petits pétales au cœur des fleurs. Une invasion serait problématique mais les cétoines dorées se font aussi rares au jardin que les coccinelles. Car il faut bien admettre que tous ces insectes, comme les papillons et les oiseaux ne sont pas de trop. Ils font vivre le jardin, participent à son équilibre et la biodiversité nécessaire à sa bonne santé. J’aime les observer, les admirer parfois car la nature a bon goût et tous ces petits insectes, de la simple punaise à la chrysomèle variée, de la simple coccinelle au cerf-volant,  de la simple libellule à la cétoine dorée arborent souvent des couleurs chatoyantes, lumineuses et harmonieuses. Les tuer serait un acte absurde car ils sont utiles et totalement inoffensifs. Et lorsque les jardiniers pulvérisent leurs plantes de pesticides, ils ne tuent pas que les indésirables pucerons et autres parasites de leurs légumes. Ils tuent aussi tous ces pollinisateurs et insectes utiles du jardin. Il nous faut initier nos enfants, leur apprendre à ne pas en avoir peur, leur mettre une cétoine au creux de la main et leur faire observer comme elle fait la morte pour ne pas être attaquée. C’est une rusée ! Il faut cesser de voir tous les insectes comme des nuisibles. Certains le sont, certes mais il faut faire la distinction et s’informer. Le cerf-volant par exemple est en voie de disparition et l’espèce est protégée. Tout comme les abeilles. Beaucoup d’autres devraient l’être aussi car on les voit de moins en moins. Avant de partir en promenade avec les enfants, je recommande un petit guide de poche pratique et bien fait : « Guide de la faune et de la flore » aux Editions Arthaud

     


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